Quand on parle de OFAC, l'Office for Foreign Assets Control, une agence du département du Trésor américain chargée d'appliquer les sanctions économiques. Ce n'est pas une simple bureaucratie : c'est une force qui peut bloquer des adresses crypto, interdire des échanges entiers, et faire disparaître des projets en quelques jours. OFAC publie une liste noire — des adresses, des entreprises, même des personnes — et tout ce qui touche à ces entités devient risqué, voire illégal pour les entreprises basées aux États-Unis ou qui utilisent le dollar.
Les plateformes comme Binance, l'une des plus grandes bourses crypto au monde ont dû s'adapter. Elles filtrent les transactions, bloquent les utilisateurs de certains pays, et retirent des tokens listés si OFAC les cible. C'est aussi pourquoi des échanges sans KYC comme XBTS.io, une plateforme décentralisée qui évite les vérifications d'identité ont gagné en popularité : ils permettent d'échapper à ces filtres. Mais attention : même un échange sans KYC peut être bloqué si OFAC décide que ses adresses sont liées à des entités sanctionnées.
Les pays comme l'Iran, le Nigeria ou le Koweït sont au cœur de cette bataille. L'Iran utilise le Bitcoin pour contourner les sanctions, mais les transactions sont surveillées. Le Nigeria a interdit les banques d'interagir avec les crypto, mais les gens continuent via P2P — un système qui reste vulnérable aux blocages d'OFAC. Et quand un airdrop comme ART Campaign, un projet qui prétendait distribuer des jetons gratuitement apparaît, il faut se demander : est-ce qu'il est légal ? Est-ce qu'il a été créé par une entité sur la liste noire ? Parfois, un airdrop n'est pas une arnaque — il est simplement interdit.
Les entreprises qui veulent rester en règle doivent surveiller chaque transaction, chaque adresse, chaque jeton. Les particuliers, eux, doivent comprendre que leur portefeuille n'est pas invisible. Si vous recevez des fonds d'une adresse sanctionnée, même sans le savoir, vous pourriez être bloqué. Ce n'est pas une question de technologie, c'est une question de pouvoir. OFAC ne contrôle pas la blockchain — mais il contrôle qui peut y accéder, et comment.
Dans cette collection d'articles, vous trouverez des analyses concrètes sur comment les sanctions impactent les échanges, les airdrops, et les utilisateurs du monde entier. Des cas réels du Nigeria à l'Algérie, en passant par la Turquie et les Philippines — tous touchés par les règles d'OFAC. Vous verrez pourquoi certains projets disparaissent, pourquoi d'autres prospèrent dans l'ombre, et comment protéger vos actifs sans violer les lois.
L'affaire Tornado Cash marque un tournant dans la régulation des crypto-monnaies : pour la première fois, un logiciel open-source a été sanctionné par les États-Unis. Ce que cela signifie pour la vie privée, l'innovation et les utilisateurs légitimes.