Une fourchette blockchain, c’est quand un réseau blockchain se divise en deux chemins différents. Ce n’est pas une panne. Ce n’est pas un bug. C’est une mise à jour intentionnelle - et parfois très controversée - qui change la façon dont le réseau fonctionne. Et ça arrive plus souvent que vous ne le pensez.
Comment une fourchette blockchain se produit-elle ?
Tout commence par un changement dans le code. Les blockchains ne sont pas contrôlées par une entreprise ou un gouvernement. Elles fonctionnent grâce à un consensus entre milliers d’ordinateurs répartis dans le monde. Quand un groupe de développeurs veut modifier le protocole - par exemple, augmenter la taille des blocs ou changer la façon dont les frais sont calculés - ils doivent convaincre la communauté d’adopter ce changement.
Si tout le monde accepte, la mise à jour se fait en douceur : c’est une soft fork. Les anciens nœuds continuent de fonctionner, même s’ils ne mettent pas à jour leur logiciel. C’est comme une règle de circulation qui devient plus stricte : les voitures anciennes peuvent encore rouler, mais elles doivent respecter la nouvelle limite de vitesse.
Mais si une partie de la communauté refuse le changement ? Alors, le réseau se sépare. C’est une hard fork. Les nœuds qui ne mettent pas à jour leur logiciel ne peuvent plus communiquer avec ceux qui l’ont fait. Deux blockchains distinctes émergent : une avec le nouveau code, une avec l’ancien. Et souvent, une nouvelle crypto est créée.
Soft fork vs Hard fork : quelle est la différence ?
La différence est simple, mais cruciale.
- Soft fork : compatible à l’arrière. Les anciens nœuds acceptent toujours les nouveaux blocs. C’est une mise à jour restrictive. Exemple : l’activation de SegWit sur Bitcoin en 2017, qui a permis d’augmenter la capacité des blocs sans changer leur taille physique.
- Hard fork : incompatible à l’arrière. Les anciens nœuds rejettent les nouveaux blocs. C’est une rupture. Exemple : la création de Bitcoin Cash en 2017, quand un groupe a décidé que les blocs devaient faire 8 Mo au lieu de 1 Mo pour traiter plus de transactions.
Les soft forks sont plus fréquentes, plus sûres, et moins divisantes. Les hard forks, en revanche, créent des communautés rivales. Et parfois, des fortunes.
Des exemples qui ont changé l’histoire
Le plus célèbre des hard forks ? Celui d’Ethereum en 2016.
Après le vol de 50 millions de dollars dans le protocole DAO, la communauté a dû choisir : restaurer les fonds en annulant la transaction (ce qui brisait le principe d’immuabilité), ou laisser les choses telles quelles. La majorité a choisi de revenir en arrière. Ce fork a créé deux blockchains : Ethereum (ETH), celle avec le retour en arrière, et Ethereum Classic (ETC), celle qui gardait l’historique inchangé. Ce n’était pas juste une mise à jour technique - c’était une question philosophique : la blockchain doit-elle être immuable, même si ça coûte cher ?
Bitcoin Cash, lui, est né d’un conflit sur la scalabilité. Certains pensaient que Bitcoin devait rester un réseau de paiement rapide et bon marché. D’autres voulaient le transformer en réserve de valeur. Le résultat ? Deux monnaies, deux visions, deux communautés. Bitcoin Cash a atteint 20 milliards de dollars de capitalisation boursière à son lancement.
Et puis il y a Litecoin, créé en 2011 comme une fourchette du code de Bitcoin, mais avec des blocs générés 4 fois plus vite et un algorithme de minage différent. Ce n’était pas une révolte. C’était une expérimentation. Et ça a marché.
Pourquoi les gens veulent-ils créer une fourchette ?
Les raisons sont toujours les mêmes : technologie, idéologie, ou argent.
- Technologie : Améliorer la vitesse, réduire les frais, renforcer la sécurité. Par exemple, le fork London d’Ethereum en 2021 a introduit EIP-1559, qui a brûlé une partie des frais de transaction, rendant l’ETH plus rare.
- Idéologie : Certains croient que les blockchains doivent être décentralisées à tout prix. D’autres pensent que la performance prime. La division entre ETH et ETC en est un parfait exemple.
- Argent : Quand une hard fork se produit, les détenteurs de la crypto originale reçoivent souvent la même quantité de la nouvelle. C’est une distribution gratuite. Beaucoup de gens attendent les forks juste pour ça.
Les forks ne sont pas toujours bienveillants. Certains sont créés par des équipes pour vendre une nouvelle crypto à des investisseurs naïfs. C’est ce qu’on appelle des « scam forks » - des fourchettes frauduleuses. Il faut toujours vérifier la légitimité d’un fork avant de réclamer les nouvelles pièces.
Les conséquences : qui gagne, qui perd ?
Les forks créent des opportunités, mais aussi des risques.
Les gagnants ? Ceux qui détiennent la crypto avant le fork. Ils reçoivent des pièces gratuites. Les développeurs qui créent un nouveau projet peuvent attirer des investisseurs. Les échanges qui listent la nouvelle crypto gagnent en volume.
Les perdants ? Ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe. Une mauvaise gestion de la clé privée pendant un fork peut entraîner la perte de fonds. Les petits utilisateurs peuvent se retrouver piégés entre deux réseaux, sans savoir lequel est le « vrai ». Et les blockchains trop fragmentées perdent en sécurité : moins de mineurs ou de validateurs = plus vulnérable aux attaques.
En 2023, plus de 150 forks ont été réalisés sur différentes blockchains. Seuls une douzaine ont survécu plus d’un an. La plupart disparaissent dans le bruit. Ce n’est pas parce qu’un fork est créé qu’il a de la valeur.
Le futur : des forks plus intelligents
Les blockchains évoluent. Les hard forks deviennent moins fréquentes.
Le « Merge » d’Ethereum en 2022 - le passage du Proof-of-Work au Proof-of-Stake - a été la plus grande hard fork de l’histoire. Elle a changé la façon dont 200 milliards de dollars de valeur étaient sécurisés. Et elle a réussi. Pourquoi ? Parce que la communauté s’est alignée. Les propositions étaient claires. Les tests étaient longs. Les communications, transparentes.
Aujourd’hui, les projets utilisent des systèmes de gouvernance formels : les BIPs pour Bitcoin, les EIPs pour Ethereum. Tout changement est discuté publiquement, voté, testé. C’est plus lent, mais moins chaotique.
Les solutions de couche 2 - comme Lightning Network pour Bitcoin ou Optimism pour Ethereum - permettent d’expérimenter sans toucher au cœur du réseau. Pourquoi faire une hard fork pour ajouter une fonctionnalité, quand on peut la tester en parallèle ?
Le futur des blockchains, ce n’est pas plus de forks. C’est moins de divisions. Plus d’interopérabilité. Des réseaux qui s’adaptent sans se briser.
Que faire si un fork se produit sur votre crypto ?
Ne paniquez pas. Voici ce qu’il faut faire :
- Identifiez la crypto concernée : est-ce Bitcoin, Ethereum, ou une petite altcoin ?
- Consultez les sources officielles : site web du projet, compte Twitter vérifié, forum de la communauté. Ne faites pas confiance aux newsletters ou aux posts TikTok.
- Ne déplacez pas vos fonds juste avant ou après le fork. Cela peut les exposer à des risques.
- Si vous détenez vos clés privées (dans un portefeuille non-custodial comme Ledger ou MetaMask), vous récupérerez automatiquement la nouvelle crypto après le fork.
- Si vous les avez sur un échange (Binance, Kraken…), attendez que l’échange annonce s’il liste la nouvelle monnaie. Certains le font, d’autres non.
Le plus important : ne confondez jamais une fourchette avec une arnaque. Si quelqu’un vous demande de transférer des fonds pour « réclamer » vos nouvelles pièces, c’est une escroquerie. Les forks ne demandent jamais d’envoyer de l’argent.
Quelle est la différence entre une soft fork et une hard fork ?
Une soft fork est une mise à jour compatible avec les anciennes versions du logiciel : les nœuds non mis à jour peuvent toujours valider les transactions. Une hard fork est une modification incompatible : elle crée deux blockchains séparées, et les nœuds non mis à jour ne peuvent plus participer au nouveau réseau.
Pourquoi Bitcoin Cash existe-t-il ?
Bitcoin Cash a été créé en août 2017 suite à un désaccord sur la taille des blocs. Un groupe de mineurs et de développeurs voulait augmenter la taille des blocs de 1 Mo à 8 Mo pour permettre plus de transactions par seconde. Ceux qui refusaient ce changement sont restés sur Bitcoin original. Le résultat : deux blockchains, deux communautés.
Les forks créent-ils toujours une nouvelle crypto ?
Pas toujours. Les soft forks ne créent pas de nouvelle crypto - elles ne font que modifier les règles du même réseau. Les hard forks, en revanche, créent presque toujours une nouvelle monnaie, car elles divisent la blockchain en deux chemins distincts, chacun avec sa propre histoire et ses propres utilisateurs.
Est-ce que je gagne de l’argent avec un fork ?
Si vous déteniez la crypto avant le fork et que la nouvelle monnaie est listée sur un échange, vous recevrez généralement une quantité équivalente de la nouvelle crypto. C’est gratuit - mais ce n’est pas un gain garanti. La valeur de la nouvelle crypto peut chuter rapidement après son lancement. Certains forks n’ont aucune valeur réelle.
Les forks sont-ils dangereux pour la sécurité de la blockchain ?
Oui, si la communauté est divisée. Moins de mineurs ou de validateurs sur un réseau signifie qu’il est plus facile à attaquer. C’est pourquoi les forks controversés - comme ceux qui divisent une communauté en deux camps égaux - sont plus risqués. Les forks bien gérés, avec un soutien fort, renforcent la sécurité en permettant des améliorations.
Conclusion : les forks, un outil, pas une fin
Les fourchettes blockchain ne sont pas des événements exceptionnels. Ce sont des outils. Comme les mises à jour logicielles sur votre téléphone. Certaines sont discrètes, d’autres radicales. Certaines améliorent la vie des utilisateurs. D’autres créent de la confusion.
Le vrai pouvoir d’une blockchain, ce n’est pas son immuabilité. C’est sa capacité à évoluer - même si ça fait mal. Ce n’est pas parce qu’un réseau est décentralisé qu’il doit rester figé. Il doit s’adapter. Les forks, bien gérés, permettent ça. Mal gérés, ils le détruisent.
La prochaine fois que vous entendrez parler d’un fork, ne vous précipitez pas pour acheter ou vendre. Posez-vous les bonnes questions : qui est derrière ? Pourquoi ? Et quelles sont les conséquences réelles ?
Philippe AURIENTIS
novembre 18, 2025 AT 13:31Je trouve ça fascinant comment une simple mise à jour de code peut diviser une communauté entière. C’est comme une rupture familiale, mais avec des clés privées et des tweets viraux. J’ai vu des gens perdre des fortunes parce qu’ils ont cru que Bitcoin Cash était le « vrai » Bitcoin. La technologie n’est jamais neutre - elle révèle juste ce qu’on est déjà.
Denis Groffe
novembre 19, 2025 AT 11:53Les soft forks sont une illusion de démocratie les hard forks c’est la vérité brute la blockchain ne doit pas évoluer elle doit être sacrée tout changement c’est une trahison les gars vous êtes tous manipulés par les devs de l’Ethereum Foundation et les banques centrales qui veulent contrôler tout ça par la porte de derrière
Sophie Spillone
novembre 20, 2025 AT 16:04OH MON DIEU J’AI REÇU DES BCH EN 2017 ET J’AI PENSÉ QUE C’ÉTAIT UNE ARNAQUE J’AI JETÉ LA CLÉ PRIVÉE DANS LA POURRISSE ET MAINTENANT JE CRIE DANS MON CANAPÉ EN REGARDANT LE GRAPHIQUE. J’AI PERDU 15000 EUROS À CAUSE D’UN MANQUE DE CURIOSITÉ. J’AI TROP DE REGRETS. ET J’AI UN CHIEN QUI ME REGARDE COMME SI J’ÉTAIS UN IDIOT.
Nicole Flores
novembre 22, 2025 AT 08:20Ben voyons encore une histoire de geek qui veut changer le monde en modifiant un nombre dans un fichier. Et on appelle ça de la décentralisation ? La vraie décentralisation c’est quand tu n’as pas besoin de 10000 personnes pour décider si ton bloc fait 1 Mo ou 8 Mo.
Patrick Hochstenbach
novembre 24, 2025 AT 05:14Attention à ne pas confondre fork et airdrop. J’ai vu un gars sur Reddit envoyer ses BTC à un site pour « réclamer » sa part de BCH… et il a perdu tout son portefeuille. Les forks ne demandent JAMAIS d’envoyer de l’argent. Si quelqu’un vous demande ça, c’est une arnaque. Et non, votre cousin qui travaille chez Binance ne sait pas ce qu’il fait non plus.
Jeremy Horn
novembre 26, 2025 AT 02:47Je trouve que les gens sous-estiment à quel point les forks sont des expériences sociales plus que techniques. C’est pas juste du code, c’est une élection. Une élection où chaque mineur, chaque développeur, chaque détenteur de tokens vote avec ses clés. Et parfois, la majorité vote pour la sécurité. Parfois, elle vote pour l’argent. Et parfois, elle vote juste parce qu’elle a eu un mauvais jour. Ce qui est fascinant, c’est que personne ne contrôle le vote… mais tout le monde en subit les conséquences. C’est la démocratie… mais avec des wallets.
Lass Diaby
novembre 26, 2025 AT 21:45moi jai lu ca en afrique et jai dit waouh cest comme quand les tribus se separent mais avec des ordinateurs et des crypto je pense que les blockchains doivent etre comme les langues vivantes qui evoluent meme si ca fait mal mais faut pas oublier que la plupart des gens ne comprennent pas ce que cest et cest dangereux
jerome houix
novembre 27, 2025 AT 08:06Le Merge d’Ethereum était une prouesse technique. Moins de 1% des nœuds ont été laissés derrière. C’est rare. La plupart des forks sont des désaccords mal gérés. Et pourtant, on continue de les voir comme des opportunités. C’est comme si on croyait que chaque divorce de couple produit un nouveau bonheur.
Vianney Ramos Maldonado
novembre 28, 2025 AT 09:36La question fondamentale n’est pas technique. Elle est métaphysique. Si une blockchain change-t-elle d’identité quand son code change ? Est-ce encore la même entité, ou une nouvelle entité qui prend son nom ? L’immuabilité n’est pas un principe technique. C’est une croyance religieuse. Et comme toute croyance, elle se brise quand la pression devient trop forte.
Aurelien Amsellem
novembre 30, 2025 AT 09:25Les gens qui disent que les forks sont des mises à jour comme sur leur téléphone se trompent. Votre téléphone ne crée pas une nouvelle version de lui-même qui vend des NFT à des gens naïfs. Ce sont des manipulations financières habillées en technologie. Et les gourous qui expliquent ça comme une évolution naturelle sont soit des idiots, soit des vendeurs.
Nathalie Verhaeghe
décembre 1, 2025 AT 06:25Je suis tombée sur un fork de DogeCoin l’année dernière… et j’ai vérifié les EIPs, les commits GitHub, et même le Twitter du fondateur. Rien de suspect. J’ai attendu 72h. Puis j’ai récupéré mes tokens. Rien de compliqué. Juste un peu de patience et de vérification. 🤓
Danielle Kempf
décembre 2, 2025 AT 09:24Il est inacceptable que des individus non qualifiés puissent décider du destin d’un réseau financier mondial. Les forks devraient être régulés par des autorités compétentes, et non laissés à la merci d’un groupe de développeurs anonymes qui ne savent même pas ce qu’est un bilan comptable. La sécurité des citoyens passe avant la « liberté » technologique.
Elise Barthalow
décembre 3, 2025 AT 22:26Je suis resté à côté de mon ordi pendant 3 jours quand Ethereum a fait son merge… j’ai juste regardé les stats et j’ai pensé… on est en train de réinventer l’argent. Et c’est beau. 😊
Monique Wasserman
décembre 5, 2025 AT 02:06Le fait que des personnes sans formation en cryptographie puissent réclamer des tokens issus de forks révèle une profonde dégradation des standards intellectuels dans le domaine. Ce n’est pas une innovation. C’est une dégénérescence du concept de propriété numérique.
Laurent Rouse
décembre 5, 2025 AT 11:29Et voilà… encore un article qui glorifie les « forks bien gérés ». Mais qui paie les frais de gaz quand tout explose ? Qui perd son travail quand le réseau se sépare ? Les petits. Toujours les petits. Et les gourous qui écrivent ça, eux, ils ont déjà vendu leur BTC avant le fork. C’est toujours la même histoire. Les riches font les règles. Les autres se battent pour les suivre.