Comment respecter les réglementations crypto en Inde sans violer les lois
Mary Rhoton 11 février 2026 0

Beaucoup pensent qu’en Inde, les crypto-monnaies sont interdites. C’est faux. Depuis 2020, la Cour suprême a annulé l’interdiction de la Banque centrale, et depuis août 2025, un nouveau cadre fiscal légalise clairement les transactions en crypto. Le problème n’est pas d’éviter les restrictions - c’est impossible. Le vrai défi, c’est de les respecter.

Les crypto-monnaies sont légales en Inde - mais avec des règles strictes

En Inde, les actifs numériques virtuels (VDAs), comme le Bitcoin, l’Ethereum ou les NFT, sont légaux. Ce n’est pas une zone grise. Ce n’est pas un loophole. C’est une loi : l’Income Tax (No. 2) Bill, 2025. Ce texte remplace l’ancien Code des impôts et définit explicitement les crypto-monnaies comme des biens imposables. Pas de monnaie légale, pas de banque centrale, mais des impôts à payer.

La clé, ici, n’est pas de contourner le système. C’est de le comprendre. Si vous achetez, vendez, échangez ou minerez des crypto-monnaies en Inde, vous êtes tenu de déclarer vos gains. Et ce n’est pas une suggestion. C’est une obligation fiscale, avec des pénalités sévères pour non-respect.

Les trois règles que tout utilisateur doit connaître

Il n’y a pas de mystère. Trois règles simples, mais impitoyables, s’appliquent à tous :

  1. 30 % d’impôt sur les gains - Pas de déductions, pas d’abattements. Même si vous avez perdu de l’argent sur un autre actif, vos gains en crypto sont taxés à 30 %. C’est l’un des taux les plus élevés au monde.
  2. 1 % de TDS (taxe déduite à la source) - Chaque fois que vous vendez, échangez ou transférez des crypto-monnaies sur un échange enregistré, 1 % est automatiquement prélevé. Cela s’applique même si vous échangez Bitcoin contre Ethereum. Pas d’exception.
  3. Enregistrement obligatoire des échanges - Seuls les plateformes enregistrées auprès du FIU-IND (Financial Intelligence Unit India) sont légales. Utiliser un échange non enregistré, c’est prendre un risque légal.

Si vous ne respectez pas ces trois règles, vous n’êtes pas en train d’éviter une restriction. Vous êtes en train de violer la loi fiscale indienne. Et les conséquences peuvent être graves : amendes jusqu’à 200 % du montant non déclaré, gel de comptes bancaires, ou même enquête pénale.

Quels échanges sont légaux en Inde en 2026 ?

La liste des échanges enregistrés auprès du FIU-IND est publique. En 2025, plus de 50 plateformes ont réussi à obtenir leur accréditation. Parmi elles, les plus connues :

  • WazirX est une plateforme indienne, fondée en 2018, qui a été l’une des premières à se conformer aux exigences du FIU-IND. Elle propose des outils de déclaration fiscale intégrés.
  • CoinDCX offre des rapports fiscaux automatisés aux utilisateurs, ce qui facilite la déclaration annuelle.
  • Zebpay est l’un des plus anciens échanges en Inde, avec une forte réputation de conformité aux normes AML.
  • Binance a réouvert ses services en Inde en août 2024 après avoir mis en place un système de KYC et de TDS conforme aux exigences locales.

Les plateformes comme BingX, LBank ou OKX ont été bloquées par les autorités en 2025 pour non-conformité. Si vous utilisez un échange non enregistré, vous n’avez pas seulement un risque technique - vous avez un risque juridique.

Un groupe d'utilisateurs de crypto en Inde qui documentent leurs transactions avec des outils numériques.

Comment garder des preuves légales de vos transactions

Le gouvernement indien exige que vous conserviez tous vos documents pendant six ans. Pourquoi ? Parce que les audits fiscaux peuvent arriver n’importe quand. Si vous ne pouvez pas prouver vos achats, vos ventes, ou vos pertes, vous êtes automatiquement considéré comme coupable.

Voici ce que vous devez enregistrer pour chaque transaction :

  • Date et heure exacte de la transaction
  • Type de transaction (achat, vente, échange, transfert)
  • Montant en INR et en crypto
  • Le prix de la crypto à ce moment-là (en USD ou INR)
  • Le nom de l’échange utilisé (ex : WazirX, CoinDCX)
  • Numéro de référence de la transaction (hash)

Les meilleurs utilisateurs utilisent des tableurs Excel ou des outils comme Koinly ou CoinTracker pour automatiser cette tâche. Ces outils se connectent directement à vos échanges enregistrés et génèrent des rapports prêts à être déposés avec votre déclaration d’impôts.

Les erreurs qui vous mettent en danger

Beaucoup pensent que cacher des transactions sur un échange non enregistré ou utiliser des portefeuilles non liés à un échange est une solution. C’est une erreur mortelle.

Voici les trois erreurs les plus courantes :

  1. Utiliser des P2P sans KYC - Les transactions entre particuliers sans vérification d’identité sont un signal rouge pour le FIU-IND. Même si l’argent vient de quelqu’un de confiance, si vous ne pouvez pas prouver l’origine, vous êtes suspect.
  2. Ne pas déclarer les gains en crypto-to-crypto - Échanger Bitcoin contre Solana ? C’est une transaction taxable. Le gain est calculé en fonction de la valeur en INR au moment de l’échange. Beaucoup pensent que c’est un « échange » et non une « vente » - c’est faux.
  3. Ignorer le TDS de 1 % - Si vous voyez 1 % prélevé sur votre transaction, ce n’est pas un « frais ». C’est une taxe. Vous ne pouvez pas la réclamer. Vous ne pouvez pas la contester. Vous devez la comptabiliser comme impôt payé.

Les agents fiscaux indiens ont accès aux données des échanges enregistrés. Ils croisent les informations avec vos déclarations bancaires. Si vos dépôts en INR ne correspondent pas à vos déclarations de crypto, vous serez contacté. Et quand ils vous contactent, vous n’avez pas de deuxième chance.

Une personne en danger sur un échange non autorisé, face à un robot d'audit fiscal géant.

Comment rester en règle - une stratégie simple

Voici la méthode la plus efficace pour rester légal en Inde en 2026 :

  1. Utilisez uniquement des échanges enregistrés auprès du FIU-IND (WazirX, CoinDCX, Zebpay, Binance).
  2. Activez toujours le KYC complet sur ces plateformes.
  3. Conservez tous les relevés de transaction pendant 6 ans (exportez-les mensuellement).
  4. Calculez vos gains chaque trimestre - même si vous n’avez pas vendu, les échanges comptent.
  5. Consultez un expert fiscal spécialisé en crypto - pas un comptable général. Les règles sont trop spécifiques.

Les traders qui suivent cette méthode n’ont aucun problème. Les forums indiens comme Reddit et Telegram regorgent de témoignages de personnes qui ont été auditées - et qui ont passé sans encombre parce qu’elles avaient tout documenté.

Que se passera-t-il si vous ne vous conformez pas ?

En 2025, plus de 1 200 enquêtes fiscales ont été ouvertes contre des détenteurs de crypto en Inde. Les amendes moyennes s’élèvent à 80 000 INR (environ 950 €). Les cas les plus graves - avec des gains non déclarés supérieurs à 1 million d’INR - ont conduit à des saisies de biens et à des poursuites pénales.

Il n’y a pas de « petit » non-respect. Le système est conçu pour détecter les irrégularités, pas pour punir les débutants. Il est conçu pour éliminer les fraudeurs, pas pour cibler les investisseurs sérieux.

Si vous voulez rester en sécurité, il n’y a pas de raccourci. Il n’y a pas de méthode magique. Il n’y a pas de « façon de contourner ». La seule voie, c’est la conformité.

Le futur de la crypto en Inde : plus de règles, pas moins

Le gouvernement indien ne cherche pas à interdire les crypto-monnaies. Il veut les contrôler. Les discussions au G20, les accords avec le FSB, et la mise en œuvre du CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) montrent qu’ils veulent intégrer les crypto dans le système financier mondial - mais sous contrôle.

En 2026, les règles vont probablement s’assouplir sur les échanges, mais se durcir sur les déclarations. Les échanges vont devoir fournir des rapports automatiques en temps réel. Les particuliers vont devoir déclarer leurs portefeuilles hors ligne. La transparence deviendra la norme.

La stratégie gagnante ? Ne cherchez pas à éviter les règles. Apprenez-les. Respectez-les. Utilisez-les à votre avantage. Les pays qui ont interdit les crypto sont en train de reculer. L’Inde, elle, construit un système durable. Et ceux qui s’y adaptent, gagnent.

Les crypto-monnaies sont-elles légales en Inde en 2026 ?

Oui, les crypto-monnaies sont légales en Inde. Elles ne sont pas une monnaie légale, mais elles sont reconnues comme des actifs numériques virtuels (VDAs) imposables depuis août 2025. Vous pouvez les acheter, les vendre et les échanger, mais vous devez payer des impôts et utiliser des plateformes enregistrées.

Quelle est la taxe sur les gains en crypto en Inde ?

Les gains en crypto sont taxés à 30 %, sans aucune déduction. En plus, 1 % de taxe est automatiquement déduite à la source (TDS) sur chaque transaction effectuée sur un échange enregistré. Même les échanges entre crypto (ex : BTC vers ETH) sont imposables.

Quels échanges sont autorisés en Inde ?

Seuls les échanges enregistrés auprès du FIU-IND sont légaux. En 2026, les principaux sont WazirX, CoinDCX, Zebpay, et Binance (qui a réouvert en 2024). Les plateformes comme BingX, LBank ou OKX sont bloquées et doivent être évitées.

Faut-il déclarer les crypto même si je n’ai pas vendu ?

Oui. Toute vente, échange ou transfert est une transaction taxable. Même si vous échangez Bitcoin contre Ethereum, cela génère un gain imposable. Vous devez déclarer la valeur en INR au moment de l’échange. Conserver vos transactions est obligatoire.

Que se passe-t-il si je n’utilise pas un échange enregistré ?

Vous prenez un risque juridique élevé. Les échanges non enregistrés ne fournissent pas de preuves fiscales, ne respectent pas le KYC, et ne signalent pas vos transactions au FIU-IND. Si vous êtes audité, vous ne pourrez pas prouver la légalité de vos transactions, ce qui peut mener à des amendes, des saisies ou des poursuites.

Dois-je conserver mes relevés de transaction ? Combien de temps ?

Oui. Vous devez conserver tous vos relevés (dates, montants, échanges, prix) pendant 6 ans, comme le demande la loi indienne sur les impôts. Les audits peuvent arriver à tout moment. Utilisez un tableur ou un outil comme Koinly pour automatiser cette tâche.